Je me disais que nous aurions pu aller boire un café
dans le froid d'une terrasse,
je regarderais les gens qui passent,
pour ne pas te dévisager.

Je te mangerais des mains
en te parlant d'obscurs lendemains
auxquels je ne pense pas quand je suis avec toi.
Toi, toi, toi tu tairas ton envie qui est morte
et que je fais renaître,
tes silences seront pour celles qui m'ont fait traître,
les miens pour ceux qui ne t'ont pas vue.

J'allumerais des bougies
pour faire danser tes ombres sur mes murs,
nous les pointerons du pied,
je te frôlerais des lèvres,
prétextant des châteaux de sable,
tu ne te diras pas prête quand je te saurais capable,
tu te voudras louve et moi chaperon,
je te croirais sur morsure,
pansé de tes baisers,
blessé de tes regards,
troublé de tes blessures.

Discrètement alors le vent sèchera tes cheveux
et soufflera les mèches.
La lueur éteinte, j'apprendrais les lampadaires de ta rue,
t'en parlerais comme de constellations inconnues
qu'il nous reste à nommer.
Nous danserons nos soirs sous la voûte de nuit,
ivres d'espace, noyés du monde des places de Paris.
Et si jamais le tango t'ennuie,
nous laisserons derrière toi les lumières d'Orly
pour nous éveiller au son d'une fanfare de Nouvelle-Orléans,
des nénuphars plein le lit,
des contrebasses dans le ventre,
des éclats de soleil dans ton rire.

J'écouterais ta voix devenir guitare,
tu verras mon coeur en accords,
je saurais le tien par coeur
et la moindre note de ton corps
dont tu ne devais pas me parler.

Pour cela, je t'offrirais le temps qu'il faut,
j'irais reprendre le temps passé,
retrouver le temps qui se perd,
je te rendrais tout le temps nécessaire,

le temps d'un café.



Arg, vous faites chier avec vos sentiments. Ah bravo, JB, merci hein...