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Fragments de Janvier

"13h", c'est une belle heure pour rattraper le temps.
Je me rappelle très bien cette journée sans question où je vous en ai voulu violemment, pendant quelques minutes. De m'avoir envoyé voir ce film dont nous savions tous qu'il ferait plus que se laisser regarder, de m'avoir identifié à je ne sais qui, de m'avoir cru capable de je ne sais quoi.

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Indication Ovale

L'indication ovale, naïve, incline sa courbe lentement, au calme. Elle emplit l'air de ses lignes familières, favorable au courant d'art et liquide dans sa manière, elle indique l'horizon qui avale ses rondeurs d'hier.
L'indication ovale comme une invitation à l'ouverture psalmodie ses valeurs les moins sûres, sa vanité, ses variantes en blessures.
La toucher c'est la moindre, l'aimer c'est la perdre, l'indication frôle la tangente, la longue étendue pudique de son inclinaison, vecteur de murmures, ellipse du corps ou éclipse du cœur, elle défie mes lois de l'attraction.
L'indication est forte mais dissoute d'immobilité en remède, de prudence elle espère changer d'angle de vous.

Je n'ai pas bien compris la fin du film

... si quelqu'un peut m'expliquer.
Il y avait toute cette agitation, les contours visibles, les bruits de fond. Il y avait aussi l'heure, celle qu'on ne sait pas mais qu'on aimerait plus fraîche. Les statistiques, les pétitions et toutes ces choses nominatives, aussi. Comme si nous n'étions pas déjà trop affichés. Oberkampf soufflait sa nuit et souffrait de sa froidure malgré les noctambules. Il y avait là des jeunes, des jeunes adultes, des jeunes vieux. Eux, ils mangeaient un peu de la ville avant de se faire avaler à leur tour. Les lumières des sorties de trottoirs, peintes de fumée, dégradations inévitables de la chaussée. Au coin de la rue, il y avait de l'Italie sous les arcades, des bars qui s'exposent et des caves qui grondent. Le soleil. Et chacun persuadé de son existence.

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Dans le train

Je suis dans le train, dans le fond, bien à ma place, je fonce à pleine vitesse traversant des plaines et des monts, m'inquiète quand je m'aperçois que dans le fond je ne suis pas seul face à mes démons,
d'autres passifs amateurs de poncifs et de strapontins déblatèrent sur le destin, extrapolent sur notre destination capitale, sur les passagers plantés là comme des pantins qui capitulent sous les assauts du contrôleur qui substitue son décompte au leur et se tue à la tâche pour les voir justifier d'un ticket de ration, entre autre célébration des vraies valeur TGV, toi grand vainqueur quelle que soit la station, car c'est une course sans fin et tu es dans le train comme tout le monde, belle, sans frein et dans le fond.
Comme tous, j'enfreins les limites de validité pour la poursuite du transport, à la vue de ce contrôleur je transpire, suintent mes pores et mes orbites, ce qui fait que certains en sortent vite, descendent en hâte à l'arrêt, sautent en vrac en pleine marche ou finissent branques et tarés, pas évident de se faire une place à l'abri de nos jours, mieux vaut réserver.
Moi, j'essaie de me caser avec quelques bagages, grave ces verbes et lettrages au bord de la vitre, un maigre héritage bien vide comme souvenir de passage dans le fond de ce train.
Je fronce les sourcils quand la lumière s'éteint, on doit croiser une ville alors je croise les mains et prie pour qu'on arrive à terme sain d'esprit et pas trop composté, par la fenêtre je vois disparaître Saint-Pierre des Corps décomposés tel un tas de composte, j'oublie ce décor, enfin j'essaie.
La nuit tombe, un dernier couple descend avant l'ennui, je tremble de froid et m'enfouis sous des valises, je conçois soudain que ce train sombre sans balise et m'endors mieux que sous ma couette, en rêve je suis magicien et fais de ces strapontins des couchettes, quand de bon matin le même contrôleur me réveille, m'attrape, hautin et amer il me jette dehors alors je traite sa mère de putain pour lui faire mal à l'oreille.
Je me retrouve sur un quai, le cul par terre sur mon terminus, je ne suis pas inquiet, sûr de rien, je ne suis pas arrivé, non, mais j'irai en bus.

Accepter ses contradictions

J'accepte mes contradictions comme je sers la main à mes paradoxes,
je commerce mes convictions jusqu'à l'intoxication, je me dope à la marketamine,
m'enfonce l'aiguille si profond que c'en devient légal, voir légitime.
Chacun fait ce qu'il peut, c'est ce qui fait qu'on s'y perd,
moi, je conspire pour foutre en l'air des fondations que j'aspire à rebâtir sur d'autres aberrations,
car je fais dans la science fiction et accepte mes contradictions comme le nouveau feuilleton phénomène de masse, qui, s'il nous mène dans l'impasse, me laisse impassible face à l'équation,
je ne baise pas l'inconnue, je l'embrasse avec plus ou moins d'abnégation, je braise mon égo, ça m'est égal, j'ai le goût pour la torréfaction.
A tort, je ne vois pas de raison de croire mon prochain mais lui donnerais volontiers la main pour cracher dans la marre, je me ferais cochon s'il y avait une fermière pour me trancher dans le lard, je me ferais même mouton de l'Aïd ou bien bœuf cacher parce qu'accepter ses contradictions, c'est con, mais plus facile à deux qu'à faire.
Je parie sur l'avenir comme d'autres parient sur un cheval et me dis au final que j'ai bien fait de venir pour moi aussi truquer la course, mais qu'est-ce qui me pousse à votre avis, c'est l'envie ou la bourse ?
Et je ne rebrousse pas chemin, ce n'est plus temps, quitte à en pâtir, je prends mon mal en patience, comme un dicton : "t'es au bal, faut que tu danses"... avec empathie.
Alors j'accepte mes contradictions, même si cela prête à rire,
je ne suis pas un navire en perdition, je suis affrété au pire et pris comme ça, ce n'est pas si insurmontable,
je ne vais ni péter les plombs, ni couper les ponts, juste m'asseoir à la table de mes compromis, déposer les armes, me reposer l'âme sur des idées en promo que l'on maudit, mais faut bien s'accommoder, comme on dit...
Et je m'estime chanceux même si je suis contraint de connaître le refrain par cœur mais pas la chanson, sans rancœur, dans l'orchestre de sheitan, je ne suis pas bassiste mais parmi les choristes en soutane, et je m'en bats si s'entendent les fausse notes, je n'entends que de la jungle ici bas, je ne vais pas faire du fox-trot.
Je n'efface pas toutes mes certitudes mais les doutes de mes phrases ne me sautent plus à la face, question de lassitude, par habitude, j'aime le partage et la tentation est grande, des contradictions s'il y en a pour un, il y en a pour deux, s'il y en a pour deux, il y en a pour tout le monde.

Non / Oui

Non, reste, vas-y, viens
Non mais pas comme ça
Non mais tu vois bien
Non, je ne vois pas
Non, c'est trop tôt
Non, je rentre tard
Non, tu attends trop
Non, je ne crois pas
Non, je t'ai déjà dit
Non, tu veux l'entendre,
Non ? tu as compris ?
Non, je veux t'attendre
Non, ce n'est pas la peine
Non, c'est sans issue
Non mais moi je t'aime
Non merci, moi non plus
Non, j'ai du travail
Non, et pas le temps
Non, il faut que j'y aille
Non, ce n'est pas le moment
Non, tu veux pour deux
Non, tu vas trop vite
Non, c'est toi que je veux
Non, c'est toi que j'évite

Oui.
Oui mais...

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I will return to old Brazil

Brazil est une anticipation, une vision, un cri. Brazil est écrit pour ne pas nous réveiller, mais Brazil est violent, d'une violence sans fond, sans fin, d'une violence irréelle et pourtant Brazil est la réalité.

Brazil, c'est notre monde, notre système, nos rouages, nos fonctionnements, nos dysfonctionnements, nos codes, nos habitudes, nos goûts, nos travaux, nos manières, nos formes, notre saleté, notre rancœur, nos réveils, nos journées, nos métiers, nos familles, nos rencontres, nos voisins, nos amis, nos collègues, notre patron, notre voiture, notre restaurant, nos guerres, notre administration, notre quotidien, notre bureau, notre lit, notre culpabilité, nos machines, nos envois, nos reçus, nos terroristes, notre ministère, nos soirées, nos réceptions, nos convenances, nos quartiers, nos inconvénients, nos inconvenus, nos indifférences, nos œillères, notre incompréhension, notre acceptation, notre force d'abnégation, nos renoncements, nos tentatives désespérées d'échapper, nos perspectives, notre "no man's land", Brazil n'est pas notre futur, non, Brazil est déjà notre présent.

Mais Brazil c'est aussi nos rêves, nos envies, nos espoirs, nos convictions, notre humanité, notre courage, notre vision nocturne et incompréhensive de celle qu'on croise un jour, c'est tout faire pour lui parler, lui raconter nos rêves d'elle, c'est l'irrémédiable et incontrôlable déclic du cœur, notre amour, c'est trouver la force de lui dire et la faire rire de notre imprudence, c'est l'armure sous la peau, les ailes qui nous poussent, notre monde qui perd son sens et nos murs qui deviennent transparents, c'est notre conte de fée qui devient réalité un jour pour s'effondrer le lendemain.

Brazil parle de vous, Brazil parle de moi.

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Le temps d'un café

Je me disais que nous aurions pu aller boire un café
dans le froid d'une terrasse,
je regarderais les gens qui passent,
pour ne pas te dévisager.

Je te mangerais des mains
en te parlant d'obscurs lendemains
auxquels je ne pense pas quand je suis avec toi.
Toi, toi, toi tu tairas ton envie qui est morte
et que je fais renaître,
tes silences seront pour celles qui m'ont fait traître,
les miens pour ceux qui ne t'ont pas vue.

J'allumerais des bougies
pour faire danser tes ombres sur mes murs,
nous les pointerons du pied,
je te frôlerais des lèvres,
prétextant des châteaux de sable,
tu ne te diras pas prête quand je te saurais capable,
tu te voudras louve et moi chaperon,
je te croirais sur morsure,
pansé de tes baisers,
blessé de tes regards,
troublé de tes blessures.

Discrètement alors le vent sèchera tes cheveux
et soufflera les mèches.
La lueur éteinte, j'apprendrais les lampadaires de ta rue,
t'en parlerais comme de constellations inconnues
qu'il nous reste à nommer.
Nous danserons nos soirs sous la voûte de nuit,
ivres d'espace, noyés du monde des places de Paris.
Et si jamais le tango t'ennuie,
nous laisserons derrière toi les lumières d'Orly
pour nous éveiller au son d'une fanfare de Nouvelle-Orléans,
des nénuphars plein le lit,
des contrebasses dans le ventre,
des éclats de soleil dans ton rire.

J'écouterais ta voix devenir guitare,
tu verras mon coeur en accords,
je saurais le tien par coeur
et la moindre note de ton corps
dont tu ne devais pas me parler.

Pour cela, je t'offrirais le temps qu'il faut,
j'irais reprendre le temps passé,
retrouver le temps qui se perd,
je te rendrais tout le temps nécessaire,

le temps d'un café.



Arg, vous faites chier avec vos sentiments. Ah bravo, JB, merci hein...